Dre Ann Demeester
Pédiatre spécialiste à
l’AZ Delta de Menin
Heidi Deboosere
Experte en parentalité
psychothérapeute
www.opvoedingstips.be
Voyager avec des enfants
Profitez de la route, ne vous focalisez pas sur l'objectif
Chaque année, après les vacances, les agendas des psychologues et des thérapeutes se remplissent. Certaines familles cherchent de l'aide pour leurs enfants, d'autres pour leurs relations, chaque fois avec l'espoir qu'un nouveau voyage leur apportera plus de paix ou les rapprochera à nouveau.
Garder des attentes réalistes
Les attentes trop élevées sont à l'origine de beaucoup de stress. Ceux qui s'attendent à des vacances parfaites reviennent souvent déçus. Avec les enfants, l'éducation des parents se poursuit comme d'habitude, mais dans un lieu différent. Les plans vont parfois déraper, l'humeur peut basculer et la fatigue peut prendre le dessus. Cela fait partie du jeu. Des vacances familiales réussies ne consistent donc pas à éviter ces moments, mais à les gérer ensemble : être capable de changer de vitesse, de récupérer et de se reconnecter.
Se reposer en se préparant
Partir en voyage, c'est faire des choix : qu'est-ce qui est vraiment nécessaire ? Il est souvent plus pratique d'emporter moins de choses, mais ce choix peut créer des tensions. Si vous avez des enfants, ils veulent souvent emporter tout ce qui leur est cher : peluches, cartes, écrans... Très vite, les discussions commencent, avant même que le voyage n'ait commencé.
Le moment du départ est aussi synonyme d'agitation : faire les valises, finir le ménage, prendre des rendez-vous. Les enfants ne se chargent pas de la tension, ils l'emportent avec eux. Certains s'exaltent, d'autres s'agitent. Le passage de la routine aux vacances demande à chacun de s'adapter. Prenez donc un moment pour réfléchir à votre façon de réagir, et à ce dont votre partenaire et vos enfants ont besoin pour partir sereinement.
✔ Laissez les enfants choisir à l'avance ce qu'ils peuvent emporter avec eux dans une limite claire (par exemple, un sac à dos).
✔ Ne les impliquez pas lorsque vous faites vos bagages sous la pression du temps.
Protéger les enfants du stress lié à la préparation
Les enfants n'ont pas besoin d'être pris dans l'engrenage du départ. Au contraire : il est utile que leur structure quotidienne soit maintenue le plus longtemps possible. Laissez-les encore jouer avec leurs grands-parents, avec un ami ou participer à un camp de jour. De cette façon, leur univers reste prévisible, tandis que vous vous occupez des questions pratiques. Une transition courte et claire vers le moment du départ fonctionne souvent mieux que d'être aspiré par la tension pendant des jours.
Gardez leur rythme aussi longtemps que possible.
✔ Faire en sorte que la transition vers le départ soit délibérée et courte.
Sur la route : gérer les stimuli et le mouvement
Se rendre en vacances signifie souvent rester assis, attendre et traiter de nombreuses impressions. Les parkings encombrés, les embouteillages et les files d'attente peuvent rapidement devenir insupportables. Certains enfants réagissent immédiatement par un comportement actif, d'autres se déchargent plus tard. La façon dont vous gérerez cette situation déterminera votre degré de décontraction à l'arrivée. Il est utile de réfléchir à l'avance à l'alternance entre mouvement et repos, et à la manière dont vous vous soutenez mutuellement en tant que parents.
✔ Mettez-vous d'accord sur qui s'occupe des enfants et quand.
✔ Alterner les temps d'écran et les moments d'exercice.
✔ Ne pas accélérer, mais ralentir est souvent le moyen le plus rapide d'avancer.
Prévenir le mal des transports
Le mal des transports résulte de signaux contradictoires entre ce que l'enfant voit et ce que son corps ressent. Certains enfants sont plus sensibles que d'autres. La lecture, l'utilisation d'écrans, le fait d'être assis en arrière ou de ne pas avoir de vue sur la route peuvent exacerber les symptômes. La fatigue, le stress ou un estomac plein ou vide jouent également un rôle.
✔ Laissez les enfants s'asseoir dans le sens de la marche et regarder vers l'extérieur.
Fournir de l'air frais
✔ Nourriture légère
Des pausessuffisantes.
Des aides telles que des bandes d'acupression ou des médicaments.
Apporter de la familiarité
Un nouvel environnement peut être excitant : tout est différent, le lieu, les sons, le rythme et les gens. Les petites choses familières donnent alors quelque chose à quoi s'accrocher : un doudou, un livre, une couverture ou un moment de la journée que l'on reconnaît. Le fait d'apporter consciemment quelque chose de chez soi crée un équilibre entre l'exploration et le retour à ce qui semble sûr. Le voyage n'est pas le moment d'apprendre de nouvelles choses. Gardez ce qui vous est familier.
✔ Prenez quelque chose avec vous qui vous donne une raison de vous accrocher.
Alterner les nouvelles impressions avec des moments de proximité et de repos.
Donnez du temps aux premiers jours
Certains s'amusent tout de suite, d'autres ont besoin de temps pour se décharger. Les premiers jours, il faut souvent s'habituer : mauvais sommeil, irritabilité ou manque de repères. C'est également vrai pour les enfants. Parfois, la détente ne commence que lorsque le voyage est presque terminé. Laissez donc de l'espace pour atterrir avant de vous lancer dans une planification complète.
✔ Planifiez consciemment les premiers jours dans le calme.
Laissez chacun s'adapter à sa manière.
Ne pas trop planifier
Plus vous essayez de sortir, plus vous risquez d'être déçu. Cela entraîne souvent de la fatigue et des tensions. Pour les enfants, l'espace pour jouer, se reposer et simplement être est essentiel.
✔ Prévoyez au maximum une activité principale par jour.
✔ Profiter de la route, ne pas se focaliser sur l'objectif.
Le rythme reste important
La prévisibilité est un point d'ancrage. Des heures de repas fixes, un rituel de sommeil reconnaissable et des moments de repos aident à tenir la journée. En même temps, le rythme ne doit pas être trop serré. Trop de contrôle rend le changement plus difficile à gérer.
Les vacances s'écartent de la routine quotidienne et peuvent donc être intenses. La structure est un soutien, mais la flexibilité fait toute la différence. Les parents et les enfants peuvent ressentir de l'agitation lorsque la routine disparaît ; il s'agit d'une réaction normale.
Laissez de la place pour les moments spontanés
✔Adaptez-vous au rythme de votre enfant.
Les siestes de l'après-midi en voyage
Pour les enfants qui ont encore besoin d'une sieste l'après-midi, celle-ci reste un moment de repos important. Un enfant fatigué est facilement irritable. Il s'agit moins de savoir comment une sieste est "censée" se dérouler que de savoir ce qui fonctionne. De nombreux enfants s'endorment plus facilement après le déjeuner. Parfois, il suffit de chercher : un retour rapide dans la chambre, une promenade avec la poussette ou le fait de s'allonger ensemble. Les enfants plus âgés bénéficient également d'une sieste.
✔ Choisissez un moment de repos qui convient à votre enfant.
✔ Préférerune sieste sans dispute plutôt que d'établir des règles.
Des vacances centrées sur l'enfant
Dans de nombreuses familles, les parents adaptent leurs choix à leurs enfants. Cela crée un engagement. Plus on s'efforce de bien faire les choses, plus il devient difficile de se détendre. Les désirs des enfants ne doivent pas nécessairement être séparés des besoins des parents. Le fait d'être à l'écoute et de communiquer clairement permet de trouver un meilleur équilibre.
✔ Protégez aussi vos propres limites
Consulterla famille sur la planification et les activités
Superviser les transitions
Ce ne sont pas tant les vacances elles-mêmes que les transitions qui sont souvent les plus difficiles : départs, arrivées et passages d'une activité à l'autre. Ce qui paraît petit aux adultes peut sembler grand à un enfant. Certains enfants bloquent. Il ne s'agit pas d'une mauvaise volonté, mais d'une surcharge. Mettre la pression est rarement utile. Ce qui aide, c'est de ralentir et de rester calmement présent. De cette façon, la tension s'apaise naturellement.
Nommez ce qui arrive
Donnez à votre enfant le temps de s'adapter.
Les émotions en vacances
Les vacances nous sortent de notre routine et nous rapprochent les uns des autres. Cela les rend précieuses, mais aussi intenses. Les petites frustrations peuvent sembler plus importantes. Les enfants réagissent parfois de manière inattendue : ils pleurent plus vite ou se mettent en colère. Ce qui semble être un comportement difficile n'est souvent qu'une tension qui a besoin de s'exprimer. Le fait d'être ensemble en permanence exige également de l'attention et de la patience. Rester calmement présent et ne pas essayer de tout résoudre permet de retrouver la paix et la connexion.
✔ Laisser les émotions exister sans les amplifier ou les nier.
En tant que parent, restez calmement présent jusqu'à ce que votre enfant se calme.
Répartir les rôles entre les parents
Sous la pression du temps, les petites choses peuvent rapidement s'aggraver. Des accords clairs sont utiles : qui fait quoi et quand ? À l'arrivée de l'enfant ou en cas d'affluence, le stress monte souvent. Il est utile de répartir les tâches : l'un pratique, l'autre s'occupe des enfants pour les distraire. C'est plus agréable pour tout le monde.
✔ Convenez à l'avance qui s'occupera des aspects pratiques et qui se concentrera sur les enfants.
✔ Éviter les discussions devant les enfants.
Faire face à la chaleur pendant les vacances
La chaleur fait partie des vacances, mais elle n'est pas toujours agréable pour les enfants. Ce qui est agréable pour les adultes peut vite être trop pour eux. Il est utile d'adapter le rythme, de prévoir des activités à des heures plus fraîches et de se reposer pendant la chaleur. Des signaux tels que l'apathie ou l'irritabilité montrent que leur corps a besoin de fraîcheur.
✔ Fournir beaucoup de boissons.
✔ Chercher l'ombre à temps
✔ Prévoir des moments de repos pendant les fortes chaleurs.
Voyager avec un bébé
Voyager avec un bébé demande une coordination supplémentaire. Les bébés ne peuvent pas encore exprimer leurs besoins et réagissent en s'agitant ou en pleurant. Les changements surviennent plus rapidement et peuvent être plus vite accablants. Ralentir et être attentif à ce que votre bébé peut supporter est une bonne chose. La proximité joue un rôle important à cet égard. Porter votre bébé, le nourrir ou simplement le garder près de vous peut désamorcer les tensions. Même en vacances, la vie normale continue : les rebonds, les douleurs ou l'apathie font partie de l'expérience.
✔ S urveillez les signes tels qu'un comportement larmoyant ou une diminution de l'appétit pour boire.
✔ Évitez de surstimuler votre bébé.
Les vacances n'ont pas besoin d'être parfaites pour être utiles.
Ce qui compte, ce sont rarement les projets, mais plutôt la façon dont vous les avez réalisés ensemble.
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